Sur le consentement (surtout sexuel) et ses impensés quant aux vécus handis et fols

je pense qu'il faudrait causer + du consentement (sexuel, mais pas que) qui prenne en compte les différences de fonctionnement cognitives (principalement autisme, vu que mon cas)

parce que le consentement au sens classique du terme n'a absolument aucun sens pour moi, ce pour plusieurs raisons :

avec mon alexithymie (difficulté à identifier, différencier et exprimer ses émotions), savoir ce que je ressens à un instant donné relève quasiment du miracle pur, et savoir ce que je ressentais il y a quelques heures d'un véritable exploit

page wikipedia "Alexithymie"

savoir si j'ai envie de sexe est complétement vide de sens et d’intérêt pour moi

du coup je me fie + à :

- "est-ce que je suis OK pour du contact physique ?" (ou "est-ce que le contact physique me fait mal ou me répugne ?")

- "est-ce que j'ai assez d'espace mental disponible pour gérer du sexe activement ?" (ou "ais-je un truc non identifié qui tourne dans ma tête que je dois essayer de démêler ?")

- "est-ce que j'ai une douleur ou une gêne qui va m’empêcher d'apprécier ce moment avec mon ou ma partenaire ?"

- "est-ce que j'ai faim ?" (et là aussi c'est ultra difficile sa mère à identifier, mais je m'améliore)

- "est-ce que j'ai pleinement confiance en mon ou ma partenaire ?" (spoiler, si je suis avec et que j'ai mes marques, c'est très probablement que oui)

- "est-ce que l'environnement dans lequel je suis me stress ?" (environnement inconnu, des gens peuvent nous déranger, etc)

plutôt qu'à :

"est-ce que j'ai envie de sexe ?"

aussi le fait que je sois handicapée et que je considère le sexe comme du une forme dérivée du câlin / d'une marque d'affection physique joue énormément sur ma perception du sujet

le sexe nécessite + d'énergie mentale, + d'énergie physique et + de temps pour récupérer ces forces qu'un câlin non sexuel ou une autre activité plaisante mais économe (se caresser mutuellement le dos en écoutant de la musique par exemple)

la plupart du temps ce qui m'importe dans les situations où j'en arrive à faire du sexe avec quelqu'un, c'est uniquement parce que je suis prête à passer un moment agréable avec une personne que j'aime (partenaire, ami-e)

le sexe n'est donc qu'une option d'affection partagée parmi d'autre

et mon consentement sur l'affection partagée se situe à si oui ou non je veux me laisser approcher de cette personne, être dans la même pièce qu'elle, que l'on se touche ou non, que l'on se parle ou non, etc

en principe si je tiens la main à la personne, si je lui fais des bisous ou des câlins, mon "consentement sexuel" est déjà posé (mais bien entendu révocable à chaque instant)

j'ai donc beaucoup de mal avec ce concept de consentement, qui est discuté dans toutes les sphères féministes (et hors depuis quelques années), qui me semble ne pas du tout ressembler à ma réalité

et ça me dérange beaucoup de diffuser largement une idée qui se veut émancipatrice et respectueuse alors même qu'elle renforce des schémas pensés par et pour les valides et les sains d'esprit, laissant encore une fois sur le bas coté des impensés des militantismes les handis et fols

espérant avoir aidé des gens et contribué à des réflexions + poussées et muries que les miennes

Le 17 août 2021,

Émy

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