Gauche
À l'origine publié dans le second numéro du zine quasi-confidentiel « Neurogaymer », le 13 février 2026. (Pas encore disponible en ligne.)
Tu sais, moi, il y a une part de nous que j’ai haï.
La difformité qui a été changée en meurtrissure. L’immondice universellement visible qui a été astucieusement dissimulé sous ma peau.
Leur monstre est devenu mon monstre.
Le résidu de ces souffrances passées, qui restera perpétuellement me hanter.
Tout ça est incarné par la moitié gauche de notre corps.
Dans ma quête d’être une meilleure personne, je choisissais de mettre fin à ma haine, de dompter ma souffrance.
J’acceptais de changer ma misère en quiétude.
Ce corps n’est plus subi et morne : il témoigne désormais de bonheur, de beauté, de coups de cœur, de confiance, d’imprévu, de bizarrerie.
Cette moitié gauche, désormais encrée, atteste de mon passé ainsi que de mon espoir.
Elle était spéciale par sa sensorialité altérée et en tant que cicatrice de souffrances intenses ; je l’ai rendue encore plus spéciale car elle fait désormais partie de ce que je trouve de plus beau chez moi.