OniriCorpe : le blog

Des paillettes et de l'amour dans ton cul (tout doux).

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J'ai un ressenti neutre féminin de mon genre.

J'ai été assignée masculin à la naissance.

Il m'est difficile de retracer ce sentiment, ayant peu de souvenirs de mon adolescence.
De toute façon, je n'ai pas à le faire, encore moins à l'expliquer. En rien mon passé ne peut invalider mon ressenti actuel.

Néanmoins, pour des raisons personnelles de postérité et parce que ça m'amuse je vais tenter de poser quelques mots.

Je n'ai jamais compris l'intérêt de cloisonner l'humanité en deux genres, si ce n'est pour asseoir une hiérarchie.
Je comprends encore moins l'idée de genrer les objets, surtout que ça semble aléatoire ou au moins arbitraire.

Cela dit je comprends la mélodie des mots que cela engendre.
Et c'est pour cette raison que j'affirme l'existence de rangs "oppressé⋅e" et "oppresseur".

Qui peuvent être respectivement remplacés par "féminin" et "masculin".
Oui. Quand le féminin est un handicap, un boulet dans la langue, c'est tout simplement une échelle de valeur.

Mes pensées sur la grammaire désormais textualisées, je peux établir un ressenti.

J'ai toujours rejeté mentalement le système genré du français, puis des autres langues.
Ma combine pour m'adapter étant de réciter le genre du mot de suite après l'avoir dicté dans ma tête.

Ce qui est lourd et augmente inévitablement mes temps de réflexion. Donc un handicap.
J'ai la certitude de ne pas être la seule personne à dire « opressée É-EUH » à la fin d'un mot genré.

J'ai donc appris à ne rien genrer, au quotidien. Ce qui me libère de pas mal de soucis de lenteur ou d'inversion de genre.
Ainsi, je me sens neutre. Mais féminin-euh.

Bah ouais, j'ai beau ne pas vouloir me genrer, je me ressens proche de la féminité pour plein d'autres choses.

Je me sens bien plus proche du féminin au niveau du comportement, du ressenti des choses, et pour d'autres trucs inqualifiables.
Mais aussi niveau corporel. J'ai envie d'avoir une anatomie proche de celle des femmes cisgenre.

Pas forcément une grosse poitrine ; mais une poitrine.
J'ai donc les cheveux longs depuis des années. Je ne les entretenais pas, désormais c'est le cas.

J'entame donc une transition de genre.

Je vais commencer un "traitement" hormonal. Par conviction je vais éviter les "spécialistes".
Je prône un choix auto-déterminé pour les personnes trans*. Chacun devrait connaître les alternatives et ne pas se fier aveuglément à quelqu'un.

Je suis donc en contact avec des assos trans* et avec des ami⋅e⋅s nous avons même monté un collectif.
Parce que seul⋅e la vie est moins belle.

Le titre de l'article est le premier couplet de la chanson « Je Chante » des Têtes Raides.
La démarche expressive de cet article a été déclenchée par cet article puis une discussion entre amis.

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Toi, la jeune femme de la ligne 9 du métro de Paris.

Qui est montée à la station Trocadéro dans ma voiture ; trois stations après moi.

Sais-tu que tu pourrais être l’allégorie de la pruderie ?

J'étais assis⋅e sur un strapontin, le corps endolori après deux jours à cavaler partout dans Paris, pour ma liberté, pour celle de gens opprimés.

J'étais avec mes ami⋅e⋅s.

Nous t'avons aperçue, toi, ton corps droit, fier et de bonne humeur. Tu tenais sereinement tes drapeaux de LMPT.

C'est à dire l'exact inverse de notre ressenti face aux oppressions auxquelles tu contribues. Ne plus subir, vous dites ?

Tu commençais à discuter avec ton « grand-papa » lorsque nous avons décidé de te montrer notre bout de carton.

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Et de toute évidence tu l'as vu, puis feint d'ignorer notre existence. Comme d'habitude.

De par ton attitude, nous en avions déduis que tu étais résidente de la capitale. Nous avions compris qu'avec ton ticket unitaire dans la main, tu n'étais pas à ta place.

Alors ? Qu'est-ce que ça fait de voir des plébéiens ? Des gens qui se battent pour leurs convictions, leurs vies, leurs amours, leurs genres ? Des gens qui cherchent juste le bonheur ?

J'avais osé te montrer mon écriture, cette pancarte que j'avais réalisée plus tôt dans la journée à La Mutinerie.

Puis tu es partie, station Michel-Ange-Auteuil.

Et si seulement j'avais osé me lever pour te demander en face : « Eh, toi, veux-tu mon bonheur ? »