Billet co-rédigé avec PandouillaRoux.
Celui-ci est une réaction à l'article « Demain, une médecine sexuellement différenciée ? » publié chez sciencesetavenir.fr, et dont nous avons eu connaissance via Le Hollandais Volant.

L'idée en soit est bonne, néanmoins son application telle qu'expliquée dans cet article ne nous semble pas complète et exacte pour avancer vers une meilleure médecine.

L'Humain ne se limite pas à la binarité mâle-femelle.

Il existe énormément de "paramètres" qui peuvent induire une différence de symptômes et des pathologies différentes du cliché du mâle caucasien historiquement étudié par la Médecine européenne.

Tels que l'origine ethnique et géographique, l'environnement, le cadre socio-professionnel, le régime alimentaire, les convictions personnelle (auto-persuasion), parcours de vie (passé médical, prises médicamenteuses, traitement hormonal, …), …


À titre d'exemple, une personne asiatique possède une contre-indication pour certains médicaments, comme expliqué dans une vidéo de la chaîne Climen.

Aussi, le traitement médiatique effectué en France au sujet des différences de symptômes de l’infarctus du myocarde sont biaisées.
L'étude portait sur la différence des symptôme en fonction du sexe biologique, mais la réflexion avait ensuite été poussée aux autres différences possibles (telle que listées au dessus), il fut donc constaté qu'en effet dans un ensemble d'individus humains il existe des variations, mais quelles ne sont pas pas seulement imputable aux sexes tels que définis actuellement par la médecine.

Ce n'est donc pas un problème à résolution binaire que les médecins doivent affronter.

Et pour cela il serait avant tout préférable de juger des patients pour ce qu'ils sont, humainement et individuellement parlant, plutôt que simplement comme une chose possédant une seule et unique maladie qui n'interférerait pas avec d'autres "problématiques" parfois invisibles.

Nous pouvons parler d'un cas que nous connaissons bien, car connu dans notre entourage.

L'autisme est considéré par les médecins "freudiens" (qui sont majoritaires car le programme actuellement validé par l'État va en ce sens) comme une déficience mentale potentiellement très importante.
Ainsi le syndrome d'Asperger (faisant partie du spectre de l'autisme) est très mal diagnostiqué pour plusieurs raisons dont le manque de moyens financiers et humains, le manque de professionnels reconnaissant le syndrome comme un handicap réel car souvent non visible ainsi qu'une énorme infantilisation (les psychiatres refusant d'admettre qu'un adulte peut être touché).

À cela s'ajoute la prétention que seuls les mâles peuvent en être atteint, alors que toutes les études le démontrant datent d'une cinquantaine d'années et que toutes celles qui ont été financé récemment étudient des sujets déjà reconnus, n'incluant de facto pas les sujets assignés femelle. Ces études sont un parfait exemple de biais de confirmation.

La principale différence étant qu'une personne ayant reçu une éducation et instruction féminine aura bien plus tendance à s'adapter, prendre sur elle et ne pas exposer son épuisement, contrairement aux personnes d'instrucion masculine.

Les bases étant posées, nous pouvons faire le rapprochement avec la transidentité.

Une personne transgenre ayant un point commun avec les personnes autistes, qui est le trouble des normes sociales.
Trouble de compréhension pour les autistes ; remise en cause de celles-ci pour les trans, qui subissent donc une pression permanente de la Société sur leur façon de se percevoir.

Le spectre de la transidentité et le spectre autistique se rejoignent légèrement sur ce point, ce qui est loin d'être compris par les psychiatres et invalident donc soit un diagnostique d'autisme soit un parcours trans, au bon vouloir du médecin.

Attention, la transidentité n'est ni une maladie, ni un syndrome. Cette dysphorie du genre n'existe que "grâce" à la construction genrée induite par l'environnement socio-culturel, création humaine.


Ainsi nous avons démontré dans ce billet que c'est encore loin d'être gagné pour acquérir une véritable médecine différenciée, ne prenant pas compte d'un groupe d'individus arbitrairement définis, mais comme le soin d'un individu propre, ayant ses particularités.
Et par cela, il est inconcevable d’affirmer à un patient qu'il ne souffre pas d'une maladie Χ car il est déjà atteint d'une autre Υ.

Nous sommes pour une ouverture de ce genre, mais que son application ne soit pas pire que ce qui était pratiqué avant.


Edit : complément de réflexion https://oniricorpe.eu/links/?ayQDNw