Alors voilà, tout le monde en cause. Tout le monde en parle.


Oui, il y a eu une personne qui en a tué et blessé une centaine d'autres.

Oui, les personnes visées étaient dans une boîte gay.

Non, je ne comprends pas le tollé.


Tout comme je ne l'ai pas compris les fois précédentes, en fait.



Pourquoi tant de bruit ? Ça me dépasse, véritablement.

Pourquoi tant de bruit... maintenant ?


Je veux dire, c'est chaque jour que des personnes gays se font persécuter.

Chaque jour, des personnes LGBT¹ se font assassiner.



Et parfois même de façon plus proche que cette fois-ci, où même la tour Eiffel porte les couleurs des USA en signe de soutien.



De soutien ? Réellement ? Mais soutenir qui, quoi ?

Pour ce qui est des LGBT, j'en doute.


Ces même LGBT dont le mépris est total lorsqu'il s'agit d'élever un enfant.

Lorsqu'il s'agit de se marier, d'éprouver de l'amour.

Ou lorsqu'il s'agit simplement d'avoir le droit d'exister, de revendiquer le genre qui fait que l'on se sentirait bien, heureux, épanoui.


Cette semaine encore, au Sénat, il y a eu des discussions purement transphobe. À vomir.

Ces auditions (dont j'ai une copie de sauvegarde), présidées par Philippe BAS (les républicains) ont commencé rudement fort dans les amalgames.

Astrid MARAIS, à peine deux minutes après le début du débat, confond "sexe" et "genre" : « (...) une personne qui souhaitait changer de sexe à l'état civil le demande à un juge, à la condition de démontrer que son sexe indiqué à l'état civil ne corresponde pas à la réalité de son sexe (...) ».

Il me faudrait un billet complet juste pour démontrer en quoi cette phrase est d'une absurdité abjecte...

Reste qu'un tel manque de respect, une telle atteinte à la dignité humaine m'horrifie.

Et c'est seulement le début de la vidéo.


Comment peut-on à la fois s'indigner d'une tuerie en Occident, qui a touché ponctuellement une centaine de personnes (une cinquantaine de morte, une cinquantaine de blessés), ce qui certes reste indéniablement une horreur ; et à la fois rester aveugle et perpétrer des ignominies pareilles ?


Évidemment, la récupération politique n'a pas été très longue à arriver.

Entre Donald Trump et son « je vous l'avais bien dit » et veut bloquer l'entrée aux USA aux musulmans, ainsi que tous les vulgaires quidams sur Twitter qui gueulent car « Ce qui doit nous horrifier n'est pas que des homosexuels soit tués mais qu'ils imposent au monde entier leur pervertion. (sic) », sans oublier la "Manif pour tous" qui fait savoir sa « peine » et son deuil, mais alimente continuellement une violence et une haine envers les LGBT...


J'ai vraiment mal, dans mon petit cœur arc-en-ciel. Mal pour un passé oublié, non pas de tous, mais des mâles-cis-het-blancs qui écrivent l'Histoire.

J'en ai presque les yeux qui se révulsent quand je pense à un futur qui s'annonce nauséabond pour quiconque n'entre pas dans le cadre d'une normalité, qui, j'ose le dire, est contre nature.


En bref, j'ai cogné un orteil dans une hypocrisie ambiante qui a juste eu la chance de trouver un porte-voix.


Oui, c'est ça, juste une humeur : le dégoût de la sociabilité humaine.


¹ : incluant toutes les autres communautés se raccrochant au sigle.